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Domont - 🏰 Nouveau destin pour la maison de la Tourelle 🏰

Publiée le 17/10/2020

Acquise par la Ville en 2003, cette maison emblématique du patrimoine domontois accueillera d’ici trois ans un musée d’histoire locale dédié aux briqueteries et servira de cadre à l’organisation d’expositions ou d’ateliers à caractère culturel. Son parc sera, quant à lui, ouvert à la promenade au printemps. Les travaux d’aménagement viennent de débuter, première étape d’un projet de valorisation inscrit au programme de la municipalité pour cette nouvelle mandature 2020-2026.

VISIBILITÉ ET OUVERTURE AU PUBLIC

C’est l’objectif des premiers travaux entrepris sur le site de la Maison de la Tourelle il y a quelques semaines. Les services techniques ont, dans un premier temps, procédé à l’élagage des arbres et végétaux dans le jardin de la propriété, offrant une plus grande visibilité sur cette bâtisse de caractère, construite au début du XXe siècle par l’un des membres de la famille Censier dont le nom est intimement rattaché à la période de prospérité des briqueteries de Domont, au siècle dernier.

Cette première phase va se poursuivre avec l’aménagement du parc de la propriété en vue de son ouverture au public. « Ce beau jardin permettra de faire une pause agréable entre les arbres, en plein cœur de Domont », indique Alix Lesboueyries, Maire-Adjoint déléguée à la Culture. Et d'ajouter : « Nous pourrons aussi y proposer des animations en plein air, telles que des séances "Hors les murs" par la médiathèque. »

RÉFECTION DES ABORDS

Pour ce faire, le mur de clôture de la maison sera entièrement rénové et doté, sur l’ensemble du pourtour, d’une grille identique à celle située en façade de l’avenue Jean Jaurès. Pas question de déroger à l’utilisation de la brique traditionnelle. La section du mur située du côté du marché sera construite à l’aide de briques récupérées du côté de la médiathèque, voire de matériaux de caractère récupérés dans le cadre de la démolition des anciennes maisons en brique du quartier.

De part et d’autre, deux portails permettront l’accès au jardin ainsi qu’à un petit chemin traversant. La propriété, jusqu’à présent dissimulée à la vue des passants, révélera ainsi tout son charme grâce à cet aménagement respectueux de l’identité de cette maison.

MUSÉE DE LA BRIQUE

Voilà pour la première phase de ce projet qui sera bouclée au printemps prochain. Mais la finalité, c’est la transformation de cette propriété communale en nouvel espace à vocation culturelle. « On en parle depuis des années, cette fois, c’est acté, nous allons créer le Musée de la Brique qui trouvera sa place dans les salles de cette maison », annonce Alix Lesboueyries. L’idée de ce musée était née au tout début des années 2000, dans le cadre d’une exposition alors consacrée à l’histoire des briqueteries de Domont, à l’initiative d’un groupe de bénévoles sous l’égide de Daniel Baduel.

« Nous disposons d’une base importante de documents et d’objets qui seront réunis et mis en valeur au sein de ce petit musée. Ce sera une fenêtre ouverte en permanence sur une période attachante de l’histoire de Domont, à destination des visiteurs, des nouveaux habitants et des scolaires. »

Pas de quoi cependant occuper toutes les pièces de la grande bâtisse. Plusieurs salles seront réservées à des activités et événements municipaux ou associatifs, tels que des expositions, des conférences, des ateliers. 

Ces espaces seront directement gérés par les services de la Ville, ou confiés à des associations locales porteuses de projets.

UN MUSÉE POUR TRANSMETTRE LA MÉMOIRE DU PASSÉ

Daniel Baduel, historien des briqueteries du Val-d’Oise

 

Si l'on s'intéresse à l’histoire des briqueteries de Domont, on peut faire appel à la mémoire des anciens et puiser dans la collection d’objets et de documents constituée pendant trente ans par Daniel Baduel, l’historien des briqueteries et tuileries du Val-d’Oise. Rencontre.

Daniel Baduel, vous êtes à l’origine de cette idée d’un musée de la brique à Domont. Racontez-nous votre parcours d’historien des briqueteries.

Tout a commencé à la fin des années 90 lorsque j’ai assisté à la démolition d’une des dernières briqueteries du territoire à Belloy-en-France. J’ai alors découvert que l’on était en train d’effacer toute trace d’une activité économique qui avait profondément marqué la vie sociale et économique des communes de la région, dans l’indifférence générale. J’ai alors entrepris des recherches pour reconstituer l’histoire de ces briqueteries partout dans le Val-d’Oise et particulièrement sur le secteur de Domont, qui était l’un des centres les plus actifs de cette industrie au début du XXe siècle.

À quand remonte l’épopée des briquetiers dans la région ?

Le point de départ, c’est incontestablement la construction de la première grande briqueterie de notre territoire à Sarcelles, en 1858, à l’initiative de Louis Censier. Cet industriel venu du département voisin de l’Oise est à l’origine de ce réseau de briqueteries qui s’est ensuite étendu aux villes voisines de Domont aux Vinciennes, Saint-Brice-sous-Forêt, Ézanville, Belloy-en-France. Ce sont les fils de Louis Censier qui ont ensuite développé l’activité, nouant également des alliances avec d’autres producteurs, par le jeu de mariages. À l’âge d’or de cette industrie, entre les deux Guerres mondiales, les 6 grandes briqueteries de la région étaient toutes liées à la famille Censier.

Pourquoi la région a-t-elle vu prospérer cette industrie ?

À cause d’une matière première abondante et de qualité, le limon des plateaux, que les ouvriers extrayaient sur place et transformaient en briques de construction. Un travail difficile qui mettait à contribution des familles entières, hommes, femmes et enfants sur une saison d’environ 7 mois de mars à octobre, 12 heures par jour, afin de profiter des températures les plus chaudes pour sécher naturellement les briques avant cuisson. Entre les deux guerres, cette activité alors florissante avait attiré un grand nombre de familles italiennes, venues du Frioul, qui se sont établies dans la région, souvent logées par leurs patrons. Ces derniers s’entendaient à l’automne avec les producteurs de betteraves pour donner du travail à leurs ouvriers une fois les fours des briqueteries éteints. 

C’est ainsi que cette communauté des briques s’est durablement implantée sur le territoire. Des gens travailleurs, courageux, dont les descendants sont toujours là.

Qu’avez-vous fait des témoignages, des documents collectés au fil de vos recherches ?

Un livre ! Briqueteries et tuileries disparues du Val-d’Oise a été publié en 2002 et a connu un réel succès dans notre département. Ce travail a ensuite donné lieu à plusieurs expositions, dans les anciennes communes briquetières, dont Domont, en 2003. C’est au cours de cette exposition qu’est d’ailleurs née l’idée d’un musée de la brique.

Ce musée de la brique, vous en avez rêvé. Que vous inspire l’initiative de la Ville de Domont qui prend corps aujourd’hui ?

Beaucoup de joie. En raison du lieu tout d’abord, cette Maison de la Tourelle toute en brique, construite par un Censier. Le lieu idéal pour ce musée qui protégera définitivement cette belle maison, témoin du passé. Ensuite parce que les objets que j’ai collectés et conservés, les documents, les photos, les courriers, n’ont aucune réelle valeur. Leur seule valeur, c’est d’être un support de la mémoire, dans un musée, seul moyen de transmettre cette histoire aux générations futures. Mon travail est un hommage à ces courageux ouvriers et ouvrières des briqueteries, à ces industriels d’autrefois, inventifs et entreprenants, qui ne tomberont pas dans l’oubli.

 

 

 

 

 
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